CALYPSO - Trouble de stress post-traumatique

Chiffres-clés

70 % des individus seront confrontés au moins une fois dans leur vie à des évènements potentiellement traumatiques et 24 % d’entre eux développeront un Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT).

• La prévalence du TSPT est estimée entre 7% et 8% dans la population générale.

• Les femmes ont deux fois plus de risques de développer un TSPT.

• Le TPST est associé à de nombreuses comorbidités psychiatriques, notamment un risque suicidaire élevé (31%) et des épisodes dépressifs (40%).

Qu’est-ce que le trouble de stress post-traumatique ?

Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est une maladie grave, caractérisée par une souffrance psychologique intense et une altération significative des capacités de fonctionnement au quotidien.

Il peut survenir suite à une exposition à un évènement traumatisant ayant suscité peur, impuissance et horreur.

L’évènement traumatisant déclencheur peut appartenir à des catégories variées : contexte militaire, attentats, catastrophes naturelles, agressions physiques et/ou sexuelles, accidents de la route, etc. L’exposition à l’évènement traumatique peut aussi être directe ou indirecte (victime ou témoin).

 

Les symptômes de ce trouble sont regroupés en quatre catégories :

Reviviscence (cauchemars, flashbacks, souvenirs envahissants, réactivité exagérée)

Evitement (blocage de tout souvenir, sensation ou sentiment associés au trauma, éloignement de tout objet, situation, personne ou lieu lié au trauma)

Effets négatifs sur les pensées et l’humeur (anhédonie, augmentation des émotions négatives, détachement d’autrui, perturbation de la mémoire de l’évènement traumatique)

Hypervigilance (irritabilité, agressivité, difficultés de concentration, insomnies)

636 120 combinaisons de symptômes possibles soulignent la diversité des manifestations cliniques :

  • Cauchemars,
  • Flashbacks,
  • Evitement,
  • Perte d’intérêt,
  • Emotions négatives,
  • Sentiment de dévalorisation,
  • Perturbation de mémoire associée au trauma,
  • Colère,
  • Troubles de la concentration,
  • Troubles du sommeil

Importance du diagnostic et des soins

Le TSPT nécessite une prise en charge adaptée, incluant un accompagnement médical, psychologique et parfois médicamenteux organisé en phases (stabilisation, traitement et consolidation) pour permettre une amélioration durable des symptômes. Cette approche vise à réduire les risques de retraumatisation et à garantir que le patient est prêt à affronter les souvenirs traumatiques de manière progressive.

Chaque patient TSPT présente une signature unique du trouble, aussi bien au niveau de la cause du traumatisme, de l’histoire de vie antérieure, des caractéristiques biologiques et psychologiques des manifestations de la maladie et cela va impacter la réponse de chacun aux différents traitements.

Pourtant, le TSPT reste mal connu sur le plan clinique et physiopathologique. Actuellement, aucun biomarqueur, c’est-à-dire aucune caractéristique biologique observable et/ou mesurable, n'est utilisable par les cliniciens pour cette pathologie. Il n’existe notamment pas d’examens complémentaires (prise de sang ou imagerie cérébrale par exemple) qui puissent guider la pratique psychiatrique du quotidien en apportant des informations diagnostiques ou pronostiques sur le TSPT. Ainsi, le diagnostic et l’évaluation de la dépression reposent sur une évaluation subjective des signes et des symptômes par les cliniciens. En conséquence, un même diagnostic sera associé à une grande diversité de manifestations cliniques et inversement, un même symptôme sera retrouvé dans divers troubles. Cela complique la distinction entre les troubles, ainsi qu’entre les sous-types d’un même trouble.

Pour illustrer ce problème, en utilisant la classification internationale du DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux et des troubles psychiatriques), il existe plus de 630 000 combinaisons de symptômes différentes aboutissant au diagnostic de TSPT.

Des travaux récents ont montré que certains signes liés à la santé mentale peuvent être observés et mesurés de manière objective. Autrement dit, au-delà du ressenti exprimé par les patients, il existe des indicateurs concrets qui permettent de mieux comprendre ces troubles.

Dans le cas du trouble de stress post-traumatique, on peut par exemple relever des changements dans la manière de regarder (fixation du regard), de parler (intonation et rythme de la voix), dans les expressions du visage, ou encore dans certaines réactions physiologiques comme la fréquence cardiaque.

Ces éléments offrent des pistes pour mieux identifier et suivre l’évolution du trouble. Cependant, ils restent difficiles à identifier et quantifier en pratique quotidienne bien que cela s’avère cruciale pour adapter la prise en charge.

Les récentes avancées de la recherche en informatique permettent d'ouvrir de nouvelles perspectives d’analyse comportementale et physiologique grâce à l’utilisation de méthodes de vision par ordinateur. Ces dernières permettent de concevoir des procédés pour acquérir, traiter, analyser et « comprendre » des images numériques. En utilisant ces techniques novatrices d’Intelligence Artificielle (IA), CALYPSO vise à identifier des marqueurs objectifs obtenus de manière non-invasive et écologique.

Méthodologie

L’étude CALYPSO-TSPT devrait démarrer fin 2026. Elle se composera d’une cohorte adulte reçus en consultations dans différentes structures médicales partenaires et présentant un trouble de stress post-traumatique, ou une indication clinique pour une évaluation diagnostique du TSPT.

Chaque participant sera reçu en entretiens cliniques où il complètera des évaluations cliniques (par exemple, l’International Trauma Interview) et des tâches numériques. Des capteurs et des caméras sont utilisés pour enregistrer la voix, les gestes, les expressions faciales, et le comportement moteur.

Les données ainsi collectées, via une plateforme sécurisée, sont ensuite anonymisées et analysées à l'aide de techniques avancées d'apprentissage automatique.

Des études complémentaires peuvent être proposées aux participants, reposant sur des évaluations expérimentales additionnelles. Elles s’attachent à compléter l’évaluation non-invasive principale avec des mesures cognitives, neurophysiologiques, comportementales et affectives en utilisant des équipements de recherche plus spécifiques (oculométrie, électroencéphalographie, électrocardiographie, etc.) couplés à des tâches comportementales.

A noter que la prise en charge des patients reste identique à celle proposée habituellement dans les structures impliquées. La participation à l’étude CALYPSO n’entraîne aucune modification des décisions diagnostiques ou thérapeutiques, qui relèvent exclusivement du clinicien référent.

Les étapes de l’étude clinique CALYPSO Dépression sont :

  1. Prise en charge des patients, visite initiale
  2. Inclusion dans la cohorte selon les critères du DSM-5 
  3. Entretien clinique structuré, installation des patients
  4. Phase de conversation informelle, non médicale
  5. Phase d’évaluation standardisée avec l’échelle de Hamilton
  6. Collecte des données, analyse multimodale des signaux
  7. Etude de l’évolution des patients avec nouvel entretien à 3, 6 et 12 mois.